La vie monastique

La lectio divina

Lectio divina

Qu'est-ce que c'est?

La lectio divina ("lecture divine" ou lecture des choses de Dieu) consiste traditionnellement en une lecture priante de la Bible. Par extension, elle peut aussi désigner la lecture priante appliquée à des auteurs spirituels, particulièrement les Pères et les docteurs de l'Eglise, les écrits et les vies des saints.

C'est une activité importante dans la vie monastique et Saint Benoît, père des moines bénédictins et cisterciens, recommande dans sa Règle que les frères y soient quotidiennement fidèles (Règle de Saint Benoît, VIe siècle, ch. 48).

Mais la lectio divina n'est pas réservée aux moines. Tout baptisé est appelé à faire grandir par ce moyen son amour et sa connaissance de Dieu (Cf. Benoît XVI, Verbum Domini, n° 86, cité ci-dessous).
 

Comment faire lectio divina?

  • Choisir un moment approprié (où on a une certaine probabilité de ne pas être dérangé...) et se fixer un délai minimal.

  • Choisir un texte. Ce peut être par exemple les lectures du jour, ou éventuellement un auteur spirituel de qualité. La lectio divina par excellence se vit avec la Bible.

  • Lire lentement, en prêtant attention au texte tel qu'il est, dans sa matérialité, dans ce qu'il semble vouloir dire (sens littéral), voire dans son étrangeté, son décalage culturel par rapport à nous: c'est la lecture proprement dite.

  • Laisser le texte résonner en soi, sans crainte de s'arrêter longtemps sur une phrase, sur un mot. Dans la Bible, de nombreux passages rappellent en écho d'autres passages, ou même notre propre expérience. La méditation peut aller au-delà du texte.

  • Le texte nous ouvre enfin à la prière. Avec le temps et surtout avec l'aide de l'Esprit Saint, Dieu se révèle à travers sa Parole, dans son action, et particulièrement dans la vie de son Fils, "Verbe fait chair" (Evangile de Jean, 1, 14).

  • Pour finir, on peut mémoriser une phrase particulière à "ruminer" au long de la journée, selon une pratique monastique traditionnelle.
Jerôme remettant la Bible à Eustochium
Saint Jérôme remettant la Bible
à la moniale Sainte Eustochium.
Manuscrit de l'abbaye de Cîteaux, XIIe s.
 
Si quelqu'un m'aime, il gardera ma Parole ; mon Père l'aimera, et nous viendrons chez lui, et nous ferons chez lui notre demeure.

Evangile de Jean, 14, 23.
 

Pour aller plus loin:

Un texte de Benoît XVI faisant suite au Synode des évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l'Eglise:
«
Le Synode a insisté à plusieurs reprises sur l'exigence d'une approche priante du texte sacré comme élément fondamental de la vie spirituelle de tout croyant, dans les divers ministères et états de vie, en se référant notamment à la Lectio divina.

La Parole de Dieu est, en effet, à la base de toute spiritualité chrétienne authentique. Les Pères synodaux se sont ainsi mis en syntonie avec ce qu'affirme la Constitution dogmatique Dei Verbum: «Que les fidèles (...) approchent de tout leur coeur le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie, qui est remplie des paroles divines, soit par une pieuse lecture, soit par des cours faits pour cela ou par d'autres méthodes qui, avec l'approbation et le soin qu'en prennent les Pasteurs de l'Église, se répandent de manière louable partout de notre temps. Mais la prière - qu'on se le rappelle - doit accompagner la lecture de la Sainte Écriture».

La réflexion conciliaire entendait reprendre la grande Tradition patristique qui a toujours recommandé d'approcher l'Écriture en établissant un dialogue avec Dieu. Comme le dit saint Augustin: «Ta prière est ta parole adressée à Dieu. Quand tu lis, c'est Dieu qui te parle; quand tu pries, c'est toi qui parles avec Dieu». Origène, l'un des maîtres de cette lecture de la Bible, soutient que l'intelligence des Écritures demande, plus encore que l'étude, l'intimité avec le Christ et la prière. Il est convaincu, en effet, que la voie privilégiée pour connaître Dieu est l'amour, et que l'on n'acquiert pas une authentique scientia Christi (connaissance du Christ) sans s'éprendre de Lui. Dans la Lettre à Grégoire, le grand théologien d'Alexandrie recommande: «Applique-toi principalement à la lecture des divines Écritures: applique-toi bien à cela (...) En t'appliquant à les lire avec l'intention de croire et de plaire à Dieu, frappe, dans ta lecture, à la porte de ce qui est fermé, et il t'ouvrira, le portier dont Jésus a dit: "À celui-là le portier ouvre". En t'appliquant à cette divine lecture, cherche avec droiture et avec une confiance inébranlable en Dieu le sens des divins Écrits, caché au grand nombre. Ne te contente pas de frapper et de chercher, car il est absolument nécessaire de prier pour comprendre les choses divines. C'est pour nous y exhorter que le Sauveur a dit non seulement: "Frappez et l'on vous ouvrira" et "Cherchez et vous trouverez", mais aussi: "Demandez et l'on vous donnera"».

Benoît XVI, Exhortation apostolique Verbum Domini (La Parole du Seigneur), 30 septembre 2010, n° 86.



 

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