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Contemplatives

Pourquoi nous appelle-t-on "contemplatives"?

Parce que contrairement à d'autres ordres religieux, les moniales cisterciennes ne font pas d'apostolat direct. Ou plus exactement, notre apostolat, c'est la prière.

On devine que "contemplatif" ne signifie pas "inactif"; comme tout un chacun, nous travaillons pour gagner notre vie. Ce travail se fait au sein du monastère. Entre autres occupations, nous avons pour cela créé une petite entreprise: la chocolaterie de Bonneval.

Qu'est-ce que la contemplation?

La "contemplation" ne désigne pas la même réalité que la "vie contemplative", qui correspond en gros à la vie monastique.

La contemplation est une profonde relation à Dieu, un sommet de l'amour; ou, d'après un moine chartreux du XIIe siècle, c'est une certaine élévation en Dieu de l'âme attirée au-dessus d'elle-même et savourant les joies de la douceur éternelle (Guigues II le Chartreux, Lettre sur la vie contemplative).

On n'y accède pas par ses propres efforts, c'est un don gratuit de Dieu. C'est pourquoi la contemplation n'est pas réservée aux religieux dits "contemplatifs", bien au contraire.
Engagement monastique

Engagement monastique

 
Moniale du XIIIe siècle contemplant l'Enfant Jésus et sa Mère
 
Mais qu'est-ce que j'aime en t'aimant, Seigneur? Ce n'est pas la beauté des corps, ni leur grâce temporelle, ni l'éclat de la lumière - cette lumière si chère à mes yeux - ni les douces mélodies des cantilènes aux tons variés, ni l'odeur suave des fleurs, des parfums et des aromates, ni la manne et le miel, ni les membres faits pour les étreintes de la chair. Non, ce n'est pas tout cela que j'aime, quand j'aime Dieu.

Et pourtant il est une lumière, une voix, un parfum, une nourriture, une étreinte que j'aime, quand j'aime mon Dieu: c'est la lumière, la voix, le parfum, l'étreinte de "l'homme intérieur" qui est en moi, là où resplendit pour mon âme une lumière que ne limite aucune étendue, où se déroulent des mélodies que n'emporte pas le temps, où s'exhalent des parfums qui ne se dissipent pas au souffle du vent, où l'on goûte un aliment que nulle voracité ne fait disparaître, et des étreintes que nulle satiété ne désenlace.

Voilà ce que j'aime quand j'aime mon Dieu!

Saint Augustin, Confessions, X, 6
 
 

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