Le Sauveur voulait laisser à ses disciples comme son testament, lorsqu'il a dit : « Je vous fais un commandement
nouveau ; c'est de vous aimer les uns les autres ; » et il ajoute aussitôt : « Tous reconnaîtront que vous êtes
mes disciples à l'amour que vous aurez les uns pour les autres. » Il ne dit pas: « Aux miracles que vous ferez, »
mais « à l'amour véritable que vous aurez les uns pour les autres. » Et cet amour, il est certain que les doux et
les humbles peuvent seuls l'avoir... N'est-ce pas un plus étonnant prodige d'étouffer, par la vertu de patience,
les mouvements violents de la colère, que de commander aux puissances de l'air; et n'est-il pas plus difficile de
bannir de son coeur la tristesse qui le dévore, que de délivrer le corps de la fièvre ou des autres maladies?
Jean Cassien (Ve s.), Conf. 15,7-8 |